Chirurgie Orthopédique et Traumatologie

Dr Kosmas Sidiropoulos

Les injections de PRP-plasma riche en plaquettes

Le PRP est produit par un système de centrifugation avec un gel riche en plaquettes. Issue d’une prise de sang au patient même, la technique est relativement simple. Elle consiste à une centrifugation du sang total pendant 5 minutes à 1500g. La centrifugation permet de séparer les différents composants pour ne conserver que les plaquettes. Les kits utilisés sont à usage unique et permettent la préparation du PRP avec un prélèvement de sang de 15 ml.
L’injection du PRP a pour intérêt de délivrer au niveau du site lésionnel une grande quantité de facteur de croissance contenu dans les plaquettes. Ces facteurs de croissance appartiennent à une famille de protéines qui régulent la multiplication et la différentiation cellulaire.
L’ensemble de ces facteurs de croissance permet:

  •   de stimuler la cicatrisation d’un tendon fissuré,
  •   de stimuler la synthèse du collagène,
  •   d’activer les chondrocytes au niveau articulaire
  •   de procéder à la réparation d’une déchirure musculaire.

Dans un premier temps, une petite quantité de sang est prélevée dans des conditions stériles (comme une prise de sang) afin d’être recueillie dans un tube stérile et d’être centrifugée. Cette centrifugation va permettre d’isoler les plaquettes puis de les prélever et d’obtenir une seringue de plaquettes (5 ml) permettant l’injection dans le site lésionnel. Le Plasma Riche en Plaquettes est séparé du sang et sera prélevé avec une seringue pour obtenir un PRP homogène.

Cette centrifugation va permettre d’isoler les plaquettes puis de les prélever et d’obtenir une seringue de plaquettes (5 ml) permettant l’injection dans le site lésionnel.
L’injection aura lieu sur place mais certains types de lésions ont besoin d’un guidage échographique.
Un pansement sera mis en place et maintenu durant 24 heures accompagné d’un glaçage et d’un traitement par antalgique simple.
Les anti-inflammatoires sont contre-indiqués 15 jours avant et 15 jours après.

Une à trois injections peuvent être nécessaires par rapport à l’indication.

Il est important de déclarer au médecin toute fièvre, toute infection ou toute réaction cutanée ainsi que toute prise d’aspirine ou d’anticoagulants dans les jours qui précèdent l’injection. De même, il faudra signaler au médecin les anomalies type maladie du sang, grossesse, allergie à certains médicaments ou anesthésique locaux voire pour toute prise de médicaments.

Le risque le plus fréquemment rencontré est la douleur au niveau du site d’injection. L’injection est douloureuse, notamment si elle se fait dans un tendon ou dans un muscle. De ce fait, une prescription d’antalgique permettra de limiter les douleurs. Ensuite, il conviendra d’appliquer de façon pluri-quotidienne de la glace pendant 20 minutes.
Les risques sont liés à tout type d’infiltration comme l’infection qui est relativement rare (tout signe de gonflement ou inflammatoire s’associant à une fièvre doit faire l’objet d’un appel téléphonique le plus rapidement possible pour une prise en charge par le médecin), l’hématome, les calcifications. Ainsi, toute anomalie, douleur, fièvre ou symptôme inhabituel doit être signalé au médecin le plus rapidement possible.


En fonction de l’évolution du premier traitement et de l’avis de votre médecin, il est possible de refaire ce traitement.
Un traitement par injection de facteur de croissance est possible dans une articulation, un tendon, un ligament ou un muscle.

 

Lésions cartilagineuses /arthrose:

Les injections de PRP peuvent être une alternative lorsque les injections intra-articulaires de corticoïdes ou d’acide hyaluronique sont inefficaces. Les capacités de régénération cartilagineuse in vivo et in vitro induites par les facteurs de croissances sont bien connues. En effet, l’apport de ces facteurs de croissance permet de stimuler la réparation cartilagineuse en favorisant la synthèse du collagène et l’activation des chondrocytes. Ainsi, le plasma riche en plaquettes peut faire partie de l’arsenal thérapeutique pour traiter les lésions de cartilage.
Les résultats de différentes études montrent que le traitement par injection de PRP entraîne une amélioration dès la dernière injection qui augmente régulièrement jusqu’à la 24ème semaine, amélioration qui est statistiquement significative par rapport au groupe d’acide hyaluronique.
Les chercheurs concluent que le traitement par PRP montre des améliorations significatives comparées au traitement par acide hyaluronique. Ces améliorations semblent plus efficaces notamment en cas de grade 3. Les analyses statistiques semblent confirmer les meilleurs résultats du PRP même dans les hauts degrés de gonarthrose.


Lésions musculaires:

Les athlètes professionnels ont besoin d’une récupération rapide après un traumatisme. Avant tout traitement, un diagnostic doit être établi et la lésion musculaire doit être diagnostiquée par une imagerie (échographie, IRM) pour faire le bilan lésionnel (grade selon la classification de Durey et Rodineau).
Tout d’abord, l’injection de PRP sera réalisée sous contrôle échographique avec les conditions d’asepsies d’usages sans utilisation d’anesthésique local du fait de son action délétère sur les tissus sains avoisinant la lésion. Ainsi, la quantité injectée sera fonction de la lésion (entre 5 et 8 ml). Un repos de 48 heures sera imposé, puis un repos relatif pourra être mis en place pour conserver les capacités cardio-respiratoires (natation, musculation des membres non lésés…). Enfin, une consultation à 15 jours permettra de mettre en place la procédure de reprise qui ne peut être que progressive.
Aussi, une étude récente sur les lésions musculaires traumatiques indique que le délai de cicatrisation s’améliore pour le traitement d’un premier épisode et pour le traitement de certaines localisations (quadriceps et adducteur), notamment s’ils débutent entre le 2ème et le 9ème jour après la lésion. En conclusion, cette étude indique que le PRP pourrait diminuer:
  -le risque de récidive
  -le délai de cicatrisation, 
dans les lésions musculaires intrinsèques chez les sportifs amateurs et professionnels.


Lésions tendineuses :

Les lésions tendineuses sont très fréquentes chez les sportifs, longues à traiter et souvent récidivantes. En ce qui concerne les tendinopathies du genou, elles sont retrouvées chez 32% à 45% des joueurs de basket et de volley-ball, mais également chez le coureur à pied, le footballeur…
Le traitement conservateur des tendinites le plus souvent utilisé est le protocole de Stanish (exercices excentriques). Ce protocole n’entraîne de résultats positifs que dans 50% des cas (3). En effet, comme le tendon est peu vascularisé, le processus de guérison peut être interrompu, ce qui conduit à la chronicité. En effet, la formation de tissus fibreux va entraîner une perte d’élasticité et une résistance moins importante.
Le processus de guérison évolue en 3 phases, la phase inflammatoire, la phase proliférative et le remodelage. Ainsi, dans la première phase, les plaquettes jouent un rôle physiologique important en débutant et modulant le processus de guérison.
Dans une étude récente, sont étudiés 21 patients dont 7 présentaient une tendinopathie rotulienne, les 14 autres cas présentaient une tendinite d’Achille. Le protocole consistait alors à effectuer 3 injections de PRP à 1 semaine d’intervalle sous échographie. Tous les patients présentaient une douleur à la palpation et à l’étirement qui durait depuis au moins 4 mois ainsi qu’une image positive à l’échographie. Les résultats montrent ainsi une très nette diminution de la douleur et le contrôle échographique effectué à 24 mois montre une réduction nettement visible de l’irrégularité du tissu dans 86% des tendons infiltrés.


Conclusion:

Le plasma riche en plaquette est facile à mettre en place. Son origine autologue et son mécanisme d’action devraient permettre au sportif une meilleure récupération des lésions tendineuses et musculaires. Les études sur l’arthrose au niveau cartilagineux, au stade précoce et moyen, donnent des résultats tout à fait favorables.
L’infiltration de PRP est une option intéressante pour les patients atteints d’une tendinite chronique pour lesquels les autres traitements n’ont pas été efficaces.


Expertises, actes et symptômes

Dr Kosmas Sidiropoulos // Chirurgie Orthopédique et Traumatologie

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